Photographier en Ouzbékistan : ce que l'on peut et ne peut pas filmer
Photographier en Ouzbékistan : ce que l'on peut et ne peut pas filmer
L'Ouzbékistan est l'un des pays les plus photogéniques d'Asie centrale : dômes bleus, portes sculptées, ornements en majolique — tout semble taillé pour être photographié. La bonne nouvelle, c'est qu'on peut presque tout filmer presque partout. Mais quelques règles méritent d'être connues à l'avance pour éviter les situations gênantes et ne pas gâcher sa journée à cause de quelques détails méconnus.
Ce que l'on peut photographier librement
Monuments, rues, bazars, paysages urbains — photographiez à volonté, aucune autorisation n'est nécessaire. La seule règle de bonne conduite : si une personne précise se retrouve dans le cadre, surtout une femme âgée ou quelqu'un en costume traditionnel, il est plus poli de demander la permission. Dans la plupart des cas, les Ouzbeks sont compréhensifs et posent volontiers — c'est davantage une norme culturelle qu'une obligation légale.
Métro de Tachkent : autorisé, mais pas toujours
Le métro de Tachkent est l'une des principales attractions architecturales de la ville, et la photographie y est autorisée depuis un moment. Mais cela n'a pas toujours été le cas : jusqu'au 1er juin 2018, la prise de vue dans le métro était officiellement interdite — les stations étaient classées comme installations stratégiques et abris anti-nucléaires. Depuis juin 2018, l'interdiction a été levée, et les touristes photographient désormais librement mosaïques et voûtes avec leur téléphone ou leur appareil photo.
Quelques points à garder à l'esprit :
- Photographier les locaux techniques et de service des stations reste interdit.
- Si vous prévoyez de tourner avec du matériel professionnel — trépied, stabilisateur — une autorisation séparée peut être nécessaire aux heures de pointe. En dehors de ces heures, les prises de vue à main levée sont libres.
La photographie dans les musées peut être payante
Un point souvent oublié : dans de nombreux musées d'Ouzbékistan, la photographie — même avec un téléphone — est facturée séparément du billet d'entrée. Le montant est généralement modique, mais la règle s'applique presque partout : des petits musées locaux aux grandes expositions de Tachkent, Samarkand et Boukhara.
Le plus simple est de vérifier directement à la caisse en achetant votre billet — demandez si la photographie est incluse dans le tarif ou facturée séparément. Cela prend cinq secondes et évite un moment gênant si le gardien de salle vous demande soudain de montrer votre reçu photo alors que vous avez déjà photographié la moitié de la salle.
Ce qu'il est interdit de photographier
Les installations militaires, les zones frontalières, les sites industriels classifiés ou d'importance stratégique — ils ne peuvent tout simplement pas être photographiés, et c'est une restriction légale directe, pas seulement une question de politesse. En pratique, cela pose rarement problème aux touristes — ces sites n'ont généralement pas l'air d'endroits que l'on aurait envie de photographier —, mais il vaut la peine de le garder à l'esprit, surtout si votre itinéraire passe près d'une frontière.
Drone en Ouzbékistan : renseignez-vous avant le voyage
C'est un sujet qui mérite vraiment attention si vous prévoyez de filmer des images aériennes.
Selon la réglementation en vigueur, importer, détenir et utiliser un drone sur le territoire ouzbek sans enregistrement est interdit — les infractions sont passibles de sanctions administratives et, dans certains cas, pénales. Pour voler légalement, le drone doit être officiellement enregistré auprès de l'Agence de l'aviation civile relevant du ministère des Transports — avec un dossier complet de documents relatifs à l'appareil (passeport ou certificat de conformité, justificatif de propriété, etc.). Cela s'applique même à un petit drone touristique pesant quelques centaines de grammes — l'enregistrement est obligatoire quelle que soit la taille de l'appareil, dès lors qu'il est équipé d'une caméra.
La seule exception concerne le « modèle jouet » : masse inférieure à 250 g, sans fonctions de vol autonome ni de navigation, et sans équipement photo ou vidéo. Autrement dit, la plupart des drones-caméras touristiques habituels — même très compacts — ne rentrent pas dans cette exception : dès lors qu'ils sont équipés d'une caméra, ils sont légalement considérés comme un aéronef sans pilote à part entière, et non comme un jouet.
Une procédure distincte est prévue pour les équipes de tournage étrangères qui filment des contenus promotionnels sur le potentiel touristique de l'Ouzbékistan : leur autorisation est délivrée par le ministère du Tourisme et du Patrimoine culturel, qui s'adresse ensuite à l'Agence de l'aviation civile.
La conclusion est simple : si vous emportez un drone, ne comptez pas régler les formalités d'autorisation sur place en une journée. Renseignez-vous sur la procédure d'enregistrement à l'avance — avant le voyage —, ou soyez prêt à renoncer aux prises de vue aériennes.
Le texte intégral du règlement est disponible sur le portail de la base de données nationale de la législation : lex.uz/docs/6284990.
En bref
- Rues, bazars, monuments — photographiez librement ; avec les personnes, demandez la permission par courtoisie.
- La photographie est autorisée dans le métro, sauf dans les locaux de service ; avec du matériel professionnel aux heures de pointe, vérifiez séparément.
- La photographie dans les musées est souvent payante — renseignez-vous à la caisse.
- Installations militaires et zones frontalières — photographie interdite.
- Drone — uniquement après enregistrement officiel ; tenter de régler la situation à la frontière, c'est trop tard.



